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Droit de la jeunesse • Guide complet 2026

Protection de la Jeunesse (DPJ) Québec 2026 : Signalement 1-800-361-8665, Droits des Parents, Avocat & Tribunal

Guide complet : Signalement DPJ 24/7, processus d'intervention et évaluation, 9 motifs de compromission, droits des parents, représentation juridique devant le tribunal de la jeunesse, mesures volontaires et judiciaires, défense de vos droits familiaux

13 février 2026
15 min de lecture
Experts juridiques
Révisé par des avocats
Mis à jour en 2026
Loi sur la protection de la jeunesse
Consultation gratuite URGENTE

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) intervient lorsque la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis. Si vous êtes impliqué dans un dossier DPJ, il est crucial de comprendre vos droits, le processus et comment vous défendre. Ce guide complet vous explique tout en 2026.

Qu'est-ce que la DPJ?

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) est l'organisme gouvernemental chargé d'assurer la protection des enfants de 0 à 18 ans au Québec. Son mandat principal est d'intervenir lorsqu'un enfant vit une situation qui compromet sa sécurité ou son développement. La DPJ fait partie du système de droit de la famille au Québec et intervient dans les situations les plus graves nécessitant une protection immédiate de l'enfant.

Mission et rôle de la DPJ

Protection avant tout

La DPJ agit dans l'intérêt de l'enfant, pas des parents. Son objectif est de s'assurer que chaque enfant puisse grandir en sécurité.

Important : La DPJ n'est pas là pour "enlever" les enfants systématiquement. Elle cherche d'abord des solutions qui permettent à l'enfant de rester dans sa famille.

Basée sur la loi

La DPJ intervient selon la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), qui définit précisément les situations de compromission.

Équipe multidisciplinaire

La DPJ compte des :

  • • Intervenants sociaux (travailleurs sociaux)
  • • Psychologues et psychoéducateurs
  • • Avocats
  • • Médecins et infirmières

Situations de compromission selon la loi

La Loi sur la protection de la jeunesse définit 9 motifs de compromission qui peuvent justifier une intervention de la DPJ :

1

Abandon

L'enfant est sans parent, ou les parents ne s'en occupent pas et ne manifestent pas d'intérêt envers lui.

2

Négligence

Les besoins de base ne sont pas comblés : alimentation, hygiène, vêtements, surveillance, soins médicaux, éducation.

Exemples :

  • • Enfant laissé seul de façon répétée ou prolongée
  • • Manque d'hygiène grave et persistant
  • • Absence de soins médicaux nécessaires
  • • Absentéisme scolaire chronique sans raison valable
3

Mauvais traitements physiques

Violence physique, punitions corporelles excessives ou déraisonnables.

4

Abus sexuels

Gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, inceste, exploitation sexuelle.

5

Mauvais traitements psychologiques

Rejet, indifférence, dénigrement, menaces, isolement, climat de violence conjugale.

Nouveau : Depuis 2022, l'exposition à la violence conjugale est explicitement reconnue comme compromettant le développement de l'enfant. Si vous vivez une situation de séparation conflictuelle avec violence, consultez nos ressources sur le divorce contesté et la garde d'enfants.

6

Risque sérieux de mauvais traitements

Contexte où il y a un risque réel et sérieux que l'enfant subisse des mauvais traitements (antécédents, menaces crédibles).

7

Troubles de comportement sérieux (enfant)

L'enfant, par son comportement, se met lui-même en danger et les parents ne prennent pas les moyens nécessaires.

8

Absence de ressources pour répondre aux besoins spéciaux

Enfant avec handicap ou besoins particuliers dont les parents ne peuvent s'occuper adéquatement malgré leur bonne volonté.

9

Fugue ou assujettissement à des personnes dangereuses

Enfant en fugue ou sous l'emprise de personnes qui le mettent en danger (gang, exploitation, etc.).

Important à comprendre

Pour qu'il y ait intervention DPJ, la situation doit être actuelle et sérieuse. Une situation qui s'est produite dans le passé mais qui est réglée ne justifie généralement pas une intervention continue. De même, la DPJ ne peut pas intervenir pour des conflits de garde "normaux" entre parents séparés. Pour les conflits de garde d'enfants ou de pension alimentaire lors d'une séparation, consultez plutôt un avocat en droit familial. La médiation familiale peut également être une excellente solution pour résoudre ces conflits à l'amiable.

Le signalement à la DPJ

Tout commence par un signalement. N'importe qui peut signaler une situation préoccupante à la DPJ, et certains professionnels y sont même obligés par la loi.

Qui peut/doit signaler?

Obligation légale de signaler

Ces professionnels DOIVENT signaler sous peine de sanctions :

  • Médecins, infirmières, psychologues
  • Enseignants, éducateurs en garderie
  • Policiers, avocats
  • Travailleurs sociaux

Pénalité : Amende jusqu'à 2 500$ pour non-signalement d'une situation compromettante dont ils ont connaissance.

Peut signaler (facultatif)

N'importe quel citoyen peut signaler :

  • Voisins, amis, famille élargie
  • Autres parents
  • Citoyens témoins
  • L'enfant lui-même

Protection : Le signalement est confidentiel. L'identité du signalant n'est généralement pas révélée aux parents.

Comment faire un signalement?

Numéro d'urgence 24/7

1-800-361-8665

(Sans frais, confidentiel, disponible en tout temps)

Ce qu'on vous demandera :

  • Informations sur l'enfant (nom, âge, adresse)
  • Nature de la situation préoccupante
  • Faits concrets observés (dates, circonstances)
  • Informations sur les parents si connues
  • Degré d'urgence de la situation

Le processus d'intervention de la DPJ

Une fois qu'un signalement est reçu, la DPJ suit un processus structuré en plusieurs étapes :

1

Réception et analyse du signalement (24-48h)

Un intervenant analyse le signalement pour déterminer s'il nécessite une évaluation.

Décisions possibles :

  • Retenu pour évaluation : La situation semble sérieuse, une évaluation sera faite
  • Non retenu : Pas de motif de compromission évident, dossier fermé
  • Référé ailleurs : Orienté vers services sociaux réguliers (CLSC, école, etc.)
2

Évaluation (max 30 jours, urgence: 24h)

Un intervenant de la DPJ évalue la situation pour déterminer si la sécurité ou le développement de l'enfant est compromis.

Ce qui se passe durant l'évaluation :

  • Rencontre avec l'enfant (seul et avec les parents)
  • Visite au domicile familial
  • Entretiens avec les parents
  • Consultation avec l'école, médecins, autres intervenants
  • Vérification des antécédents DPJ

Verdict de l'évaluation : Compromission retenue OU non retenue. Si retenue, le dossier passe à l'étape suivante.

3

Orientation (décision sur les mesures)

La DPJ détermine les mesures à mettre en place pour corriger la situation.

Mesures volontaires

Entente à l'amiable avec les parents (70% des cas). Exemples :

  • • Suivis réguliers avec intervenant
  • • Thérapie familiale
  • • Cours de parentalité
  • • Aide aux devoirs, camp de jour

Dans ce cas, une approche similaire à la médiation familiale peut être utilisée pour trouver des solutions collaboratives.

Mesures judiciaires

Si pas d'entente ou situation grave, le dossier va au Tribunal de la jeunesse. Exemples :

  • • Placement temporaire en famille d'accueil
  • • Ordonnance de suivi obligatoire
  • • Retrait de garde (rare)

Crucial : À cette étape, il est essentiel de consulter un avocat spécialisé en droit de la famille pour vous représenter devant le tribunal et défendre vos droits parentaux.

4

Application des mesures

Les mesures sont mises en œuvre. Un intervenant assure le suivi régulier de la situation.

Durée : Variable selon la gravité (6 mois à 2 ans généralement, parfois jusqu'à 18 ans de l'enfant).

Objectif : Corriger la situation pour que l'enfant ne soit plus en compromission, puis fermer le dossier.

Révision et fermeture (si tout va bien)

Si la situation est corrigée et stable, le dossier DPJ est fermé. La famille reprend sa vie normale sans intervention.

Important : Un nouveau signalement peut rouvrir le dossier à tout moment si une nouvelle situation compromettante survient.

Vos droits face à la DPJ : Ce que vous devez savoir

Lorsque la DPJ intervient dans votre vie familiale, vous conservez des droits fondamentaux. Connaître vos droits est essentiel pour naviguer le système de protection de la jeunesse au Québec et protéger votre famille.

Droit à l'information

  • Être informé des motifs du signalement et de l'intervention
  • Recevoir des explications claires sur le processus
  • Consulter votre dossier DPJ (avec certaines restrictions)
  • Connaître les mesures proposées ou imposées

Droit à la représentation

  • Consulter un avocat en droit familial à tout moment
  • Être représenté par un avocat devant le Tribunal de la jeunesse
  • Demander l'aide juridique si vous n'avez pas les moyens
  • Être accompagné lors des rencontres avec la DPJ

Droit de participer

  • Participer activement aux décisions concernant votre enfant
  • Proposer des solutions et des mesures alternatives
  • Exprimer votre point de vue lors des audiences
  • Maintenir des contacts avec votre enfant (sauf exception)

Droit de contester

  • Contester l'évaluation de compromission
  • Refuser les mesures volontaires (le dossier ira au tribunal)
  • Porter en appel une décision du tribunal
  • Demander la révision des mesures en cours

Attention : Ne naviguez pas seul face à la DPJ

Les interventions de la DPJ peuvent avoir des conséquences graves et durables sur votre famille. Les décisions prises peuvent affecter la garde de vos enfants, vos droits parentaux, et même mener à un retrait de garde permanent.

Il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé dès le début du processus, même lors de l'évaluation. Un avocat peut :

  • • Vous expliquer vos droits en termes simples
  • • Vous accompagner lors des rencontres avec les intervenants
  • • Négocier des mesures volontaires raisonnables
  • • Vous représenter devant le Tribunal de la jeunesse
  • • Contester une décision injuste ou disproportionnée
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Conseils pratiques si la DPJ intervient

1 Restez calme et collaborez

Même si c'est stressant, essayez de rester calme et de collaborer avec les intervenants. Une attitude défensive ou agressive peut nuire à votre dossier. Montrez que vous êtes ouvert aux solutions et que le bien-être de votre enfant est votre priorité.

2 Documentez tout

Gardez des traces écrites de toutes vos interactions avec la DPJ : dates des rencontres, noms des intervenants, sujets discutés, engagements pris. Conservez aussi tous les documents reçus. Ces preuves seront précieuses si le dossier va au tribunal.

3 Suivez les recommandations

Si des mesures sont mises en place, respectez-les scrupuleusement. Présentez-vous à tous les rendez-vous, suivez les thérapies recommandées, participez aux cours de parentalité. Votre collaboration sera notée positivement.

4 Consultez un avocat rapidement

Ne perdez pas de temps. Plus vous consultez tôt, meilleures seront vos chances de protéger vos droits. Un avocat en droit de la famille spécialisé en protection de la jeunesse connaît les rouages du système et saura vous guider.

5 Ne signez rien sans comprendre

Avant de signer une entente de mesures volontaires ou tout autre document, assurez-vous de bien comprendre ce à quoi vous vous engagez. N'hésitez pas à demander des explications ou à consulter un avocat avant de signer.

6 Privilégiez la médiation si possible

Si vous êtes en désaccord avec l'autre parent sur certains aspects (comme la garde des enfants pendant l'intervention DPJ), considérez la médiation familiale. Présenter un front uni et des solutions concertées renforce votre position face à la DPJ.

Besoin d'aide avec un dossier DPJ?

Nos avocats spécialisés en protection de la jeunesse au Québec peuvent vous aider à naviguer le système DPJ, protéger vos droits et défendre l'intérêt de votre famille.

Vos droits face à la DPJ

Même si la DPJ a des pouvoirs importants, vous avez des droits fondamentaux que personne ne peut vous enlever. Il est crucial de les connaître et de les exercer.

Droits des parents

Droit à un avocat

Vous avez le droit absolu d'être représenté par un avocat à toutes les étapes du processus. Si vous n'en avez pas les moyens, vous pouvez demander l'aide juridique (gratuite si admissible).

Conseil : Dès la première rencontre avec la DPJ, dites que vous voulez consulter un avocat avant de signer quoi que ce soit.

Droit à l'information

Vous avez le droit de connaître les motifs de l'intervention, ce qu'on vous reproche, et les mesures envisagées. Vous pouvez consulter votre dossier DPJ (avec certaines exceptions pour protéger l'enfant ou le signalant).

Droit d'être entendu

Vous avez le droit de présenter votre version des faits, de vous expliquer, de contester les allégations. Vos opinions et arguments doivent être écoutés.

Droit de refuser les mesures volontaires

Vous n'êtes jamais obligé de signer une entente de mesures volontaires. Si vous refusez, la DPJ devra aller devant le juge pour imposer des mesures.

À considérer : Refuser peut mener à une judiciarisation, mais parfois c'est la meilleure stratégie si les mesures proposées sont excessives. Consultez un avocat avant de décider.

Droit de voir votre enfant

Même si l'enfant est placé, vous conservez généralement le droit de visite (sauf si le juge l'interdit pour protection de l'enfant). Les contacts parent-enfant sont encouragés sauf exception.

Droit de contester et réviser

Vous pouvez contester une décision de la DPJ devant le tribunal. Vous pouvez aussi demander une révision des mesures si votre situation s'améliore.

⚠️ Ce que la DPJ NE PEUT PAS faire sans autorisation judiciaire

Enlever votre enfant

Sauf urgence immédiate (danger grave et imminent), la DPJ doit obtenir une ordonnance du tribunal pour retirer un enfant.

Entrer de force chez vous

Sans votre consentement ou sans mandat, la DPJ ne peut forcer l'entrée. Vous avez le droit de refuser l'accès (mais cela peut jouer contre vous).

Vous forcer à signer

Toute entente de mesures volontaires doit être signée librement. La DPJ ne peut vous contraindre sous peine d'enlever l'enfant.

Décider seule du placement permanent

Seul un juge peut ordonner un placement à long terme ou l'adoption d'un enfant contre la volonté des parents.

Questions fréquemment posées (FAQ)

Que faire si un intervenant DPJ se présente chez moi?

La DPJ peut-elle enlever mon enfant immédiatement?

Combien de temps dure un dossier DPJ?

Un dossier DPJ reste-t-il dans mon dossier à vie?

Conclusion : Protégez vos droits et ceux de vos enfants

Faire face à la DPJ est l'une des expériences les plus stressantes et effrayantes qu'une famille puisse vivre. Mais rappelez-vous : vous avez des droits, et la grande majorité des dossiers se terminent par un retour à la normale.

L'objectif de la DPJ n'est jamais de détruire des familles, mais de protéger les enfants. Si vous collaborez, démontrez que vous voulez améliorer la situation et respectez vos engagements, vos chances de garder ou récupérer votre enfant sont excellentes.

Le conseil le plus important : Consultez un avocat spécialisé en protection de la jeunesse DÈS le début. Ne signez rien, ne dites rien qui pourrait vous nuire sans avoir consulté. Un avocat peut faire toute la différence entre perdre et garder votre enfant.

Points clés à retenir

9 motifs de compromission définis par la loi
Processus en 5 étapes : signalement → évaluation → orientation → application → révision
Vous avez le droit à un avocat (gratuit si admissible)
Ne signez jamais sans consulter un avocat d'abord
La DPJ ne peut enlever l'enfant sans raison grave
70% des cas se règlent avec mesures volontaires
Vous gardez le droit de voir votre enfant même si placé
Les dossiers sont détruits après fermeture (2 ans ou 23 ans)

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